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Questions
à André Gunthert
Bulletin de la SFP, 7e série-N°7, février
2000, p. 9.
Vous avez conçu la section consacrée
à la photographie historique au sein de l'exposition Le temps,
vite ! Comment avez-vous choisi d'articuler cette partie au thème
général de l'exposition ?
Le principe a été de proposer
une petite histoire de la réduction du temps de pose, depuis les
origines du médium (avec notamment, pour la première fois,
l'exposition du portrait de M. Huet par Daguerre) jusqu'à la fin
du xixe siècle. Il s'agit évidemment d'une question essentielle
de l'histoire de la photographie, qui se constitue, dans sa pratique et
dans son imaginaire, à la fois comme un outil de maîtrise
du temps, dans une certaine filiation avec la conquête de sa mesure
par l'horlogerie, mais aussi comme un instrument de manipulation des repères
de la temporalité, d'un point de vue technique aussi bien qu'esthétique.
Cette exposition représente la première
collaboration institutionnelle de la Société française
dephotographie avec le Centre Georges-Pompidou. Quels ont été
les motifs de ce rapprochement ?
En faisant appel à la SFP, Daniel
Soutif, commissaire général de l'exposition, souhaitait
recourir à la collaboration de spécialistes et de chercheurs.
Je lui sais tout particulièrement gré d'une préoccupation
encore trop rare dans le cadre d'expo-sitions généralistes,
qui signifie le choix d'un usage non pas seulement illustratif, mais véritablement
problématisé du médium photographique. Pour la SFP,
il était intéressant de concevoir une vraie exposition historiographique
à l'intention d'un public plus large que celui habituellement concerné
par la photographie historique. Si les oeuvres issues des collections
de la SFP ne sont pas majoritaires parmi le matériel exposé,
je dois souligner que la plupart des prêteurs &endash; collectionneurs,
marchands, institutions publiques et privées, que je remercie chaleureusement
pour leur concours &endash; sont aussi membres de la Société.
En d'autres termes, la conception de cette section présente le
résultat d'un travail souterrain de recherche, d'échanges
et de discussions, grâce à la richesse du réseau constitué
autour de la SFP. Les principes de travail à l'oeuvre sont ici
les mêmes que ceux appliqués au sein de la revue Études
photographiques, ou des autres activités de l'association, et il
me faut remercier Daniel Soutif pour la liberté qu'il m'a accordée
de fonctionner sur ce mode à la fois scientifique et expérimental,
sans aucune forme de concession par rapport au caractère grand
public de l'exposition.
Quelles ont été les difficultés
que vous avez rencontrées ?
De façon amusante, la première
difficulté est venue du temps long, autrement dit de la durée
de l'itinérance qui, pour des raisons de conservation, imposait
d'éviter de soumettre les images les plus fragiles à un
accrochage prolongé, et donc de renouveler en proportion le matériel
exposé. Au total, sur les trois lieux (Paris, Rome, Barcelone),
c'est un peu moins d'une centaine d'images, en majeure partie inédites,
qui auront été montrées. Par rapport à la
richesse de cet ensemble, je ne peux évidemment que regretter la
place réduite qui a été faite à l'illustration
de cette section dans le catalogue, mais c'est un point sur lequel je
n'ai pu obtenir aucune marge de manoeuvre. On peut également discuter
le choix de l'absence de cartels, principe intéressant d'un point
de vue général, mais peut-être dommageable dans un
domaine encore aussi mal connu que la photographie historique.
Propos recueillis par Guillaume Le Gall
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